Mort d’un gendarme : Que s’est-il réellement passé ce 14 janvier ?

gendarmeLe voile se lève sur la mort du gendarme Bakary Oularé, le 14 janvier 2015, à Matoto, au cours d’une forte manifestation de l’opposition guinéenne, conduite par l’UFDG de Cellou Dalein Diallo.

Selon le médecin légiste, le pandore aura été tué par accident, et non par des manifestants, comme l’affirment certaines autorités. Sur le terrain, les forces de l’ordre avaient épuisé leurs moyens de défense, les gaz lacrymogènes. Du coup, les hommes en tenue décident de replier, car des manifestants commençaient à s’en prendre avec eux. Ils se sont précipités pêle-mêle dans leurs pick-up.  Le conducteur d’un des pick-up, faisant marche arrière, a violemment heurté un le défunt gendarme qui, malheureusement, est mort quelques minutes après le coup.

Ainsi donc, le gendarme, mort le 14 janvier dernier, est mort « des suites d’un accident avec percussion violente par un engin ». C’est la conclusion à laquelle est parvenu le médecin légiste Dr Hassane Baldé de l’hopital national Ignace Deen, après ses expertises. Selon donc le rapport d’autopsie, le médecin légiste affirme que « des traces d’impact d’un quelconque objet contondant sur la tête, des signes d’empoignade ou de défense sur les zones classiques anatomiques où elles sont recherchées ou encore d’utilisation d’arme blanche n’ont pas été retrouvés sur la dépouille mortelle de Bakary Oularé ».

Dans ce contexte, poursuit le médecin légiste, « l’intervention directe d’un tiers dans le déterminisme des causes de la mort peut être définitivement éliminée (…) Les lésions que présente le corps de Bakary Oularé sont, par contre, compatibles avec un accident routier (piéton renversé) par un engin de forte inertie (type pick-up) ».

Voilà ce qui, ce jour-là, s’est réellement passé. Mais les autorités en veulent faire un problème, pour accuser les manifestants mais aussi les riverains du quartier où s’est déroulé la manifestation. elles tiennent coûte que coûte à accuser les manifestants et les faire condamner à tort. Des policiers sont venus quelques heures plus tard pour arrêter certains jeunes du quartier, des activistes de la société civile et des militants de l’UFDG, principal parti d’opposition.

La chasse aux sorcières est engagée par le pouvoir en place pour mater l’opposition et ses sympathisants. De nombreuses familles sont décimées par la force répressive du pouvoir. Des commerces sont régulièrement pillés, tout comme des maisons appartenant aux responsables de l’UFDG. Des loubards, à la solde de Malick Sankhon, un des barons de la mouvance présidentielle, s’en sont pris à des plantations appartenant à l’opposant Sidya Touré de l’UFR.

Aujourd’hui encore, beaucoup de jeunes du quartier de Matoto ont été arrêtés par des policiers sous le fallacieux prétexte qu’ils ont participé à l’assassinat du gendarme. Ils sont gardés en taule sans jugement. A cause certainement de leur obédience politique. Dommage pour la Guinée où l’ethno-stratégie bat son plein. La guerre ouverte contre les peuls, voulue par le président de la République en personne, commence à atteindre une limite inquiétante.

Maciré Diakhaby

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