28 March 2022

L’État guinéen fait son retour dans le mega projet de fer des monts Simandou

By La Redaction

L’État guinéen entend tirer davantage profit du projet minier des monts Simandou. Ces gigantesques montagnes de fer situées aux confins de la Guinée et du Liberia recèlent plus de huit milliards de tonnes de minerai à haute teneur. Deux consortiums se partagent les quatre permis miniers et travaillent depuis des années à construire les infrastructures portuaires et ferroviaires nécessaires à l’évacuation du fer. Après plusieurs mois de négociation, l’État guinéen vient d’obtenir l’assurance de posséder 15%  des infrastructures ferroviaires et portuaires. En outre, il participera plus activement à la gestion de l’exploitation. 

Un bon bras de fer vaut souvent mieux qu’un mauvais procès. C’est sans doute ce qu’ont pensé les autorités guinéennes qui, au terme de plusieurs mois de tractations – parfois discrètes et parfois publiques -, ont obtenu un rééquilibrage en leur faveur du projet Simandou.

L’accord signé pour une durée de 35 ans avec les deux opérateurs, le sino-guinéen Winning Consortium et l’anglo-australien Rio Tinto, prévoit d’accorder gratuitement à l’État 15% des infrastructures ferroviaires et portuaires nécessaires au projet.

Car pour exploiter les mines situées au sud du pays, les opérateurs sont en train de construire 670 kilomètres de voies ferrées. Mais aussi cinq tunnels et 128 ponts. Ils parachèvent aussi un complexe portuaire à Morebayah.

En plus, l’État, qui possède déjà 15% du projet minier, décroche un siège de cogestionnaire et pourra influer sur la stratégie du consortium. Il a par ailleurs obtenu l’assurance que le chemin de fer sera ouvert à d’autres compagnies minières travaillant en Guinée.

Enfin, l’État est parvenu à imposer une meilleure prise en compte des entreprises locales. Pour l’heure, la construction du chemin de fer par Winning Consortium ainsi que les ouvrages d’art sont réalisés exclusivement par des entreprises chinoises.

Avec rfi.fr